Six heures trente-cinq. Tombé du lit ? Non. Lever normal, en fait (sauf cas d’insomnie… bien sûr) Alors debout. Oui mais, attends. Mise en route PC…, en bas à droite de l’écran, il est cinq heures quarante ! Bourrique, je n’ai pas changé l’heure hier soir, sur mon téléphone portable archaïque mais quand même ! Je sors sur le pas de la porte, brume qui diffuse la lumière orangée des lampadaires. Il ne fait pas froid. Qu’à cela ne tienne. Acharnement sur l’emballage d’un paquet de biscottes. Ouverture facile, disent-ils et écrivent-ils. Le papier est tellement collé qu’il faut tirer de toutes ses forces et, au moment où il se déchire (il ne s’ouvre pas, donc) les biscottes choient et éclatent en petits morceaux. Va tartiner de la confiture là-dessus, tiens ! Petit déjeuner, calme revenu, silencieux, craquements mandibulaires, velours de café dans la gorge, bien être matutinal… les cloches sonnent sept heures ! L’église s’est trompée elle aussi. Je sors à nouveau… l’éclairage public est éteint. Pas à jour non plus ! Et un coq chante, par là-bas ! Il a raison, les hommes sont trop cons pour comprendre la nature, ils la contournent quand ils ne la détruisent pas. La brume est toujours là, sans les lumières.
A propos de lumières, je suis tombé sur télésarkozie l’autre soir, en zappant bêtement sur le téléviseur que j’allume de temps à autre, histoire de le rentabiliser. Ben oui, ça se gère ça, Monsieur, comme les finances publiques, voyons ! Alors j’ai cru m’endormir bien vite, en écoutant le ronron des trois gugusses qui causaient dans le poste. Il y avait là Jean-Pierre, l’inamovible flagorneur onctueux, Yves le Rebel-mais-tais-toi surnommé « Monsieur pardonnez-moi » et un petit homme qui se la jouait calme, pondéré et important. Sauf qu’il avait le nez de Pinocchio le menteur… Voilà-t-il pas qu’il annonce que la France va bien mais qu’elle devra s’offrir une bonne rasade d’austérité quand même, parce que c’est la mode, d’abord, et, ensuite, qu’il faut que les malades, les chômeurs, les retraités et futurs retraités fassent un effort quand même pour recapitaliser les banques et effacer la dette qu’il a fait lui-même progresser plus que rapidement, non mais des fois ! Et pis d’abord si on a des problèmes c’est à cause qu’il y a eu 1983 et 2001, la retraite à soixante ans et les trente-cinq heures, sans ça on se porterait encore bien mieux, non mais des fois ! J’ai craint un instant qu’il n’accusât Vercingétorix d’avoir capitulé à Alésia ! Non mais… des fois… Mais heureusement lui, le petit homme, le gaulois pur jus issu de magyar et de hun il est là pour sauver la France, l’Europe et le Monde à lui tout seul. Seul et unique rempart, non mais des fois ! Avec un rempart pareil, je ne vois pas de citadelles résister bien longtemps, pas plus qu’Alésia en 52 avant J.C. Je me suis fait une raison depuis… j’ai compris. TF 1 et France 2 avaient, en fait, conclu une alliance pour offrir une soirée comique pleine d’humour à leurs publics respectifs. Non mais des fois ! Vous pensez qu’il est vraiment à l’heure, ce bonhomme-là, vous ?
rony


